Alléluia

Édito de la lettre info de mars par le Père Odi
Alléluia
On observe sa disparition le Mercredi des Cendres, au début du combat spirituel du Carême en signe de pénitence, et sa réapparition avec éclat en la nuit de Pâques et tout au long de l’année liturgique.
Alléluia, en son origine hébraïque, est un verbe à l’impératif, une interjection, une exclamation, une acclamation, un cri d’allégresse, de victoire, de joie, de vie, de résurrection et d’action de grâce que l’on retrouve dans le Psautier et dans l’Apocalypse. « Allelu » signifie louer et « Yah », Dieu. Littéralement, c’est « louez Dieu », « louez le Seigneur », « glorifiez Dieu », « acclamez le Seigneur » et « remerciez Dieu ». Et c’est toujours en référence à la sortie d’Égypte et au miracle du passage de la mer Rouge dans l’Ancienne Alliance, et de la victoire de Jésus sur la mort dans la Nouvelle Alliance. Dans le même sens, méditant sur l’Alléluia, Marie-Noëlle Thabut trouve qu’il traduit et décrit l’action salvatrice de Dieu à travers le passage de la servitude à la liberté, de la tristesse à la joie, du deuil au jour de fête et des ténèbres à sa brillante lumière.
Commentant l’Alléluia, saint Augustin affirme que c’est « le chant nouveau de l’homme nouveau ». Autrement dit, l’Alléluia est l’exclamation, l’acclamation, le cri de Dieu en nos cœurs pour nous appeler à la nouveauté de sa louange, de sa glorification et de sa reconnaissance. Alléluia est également l’expression de notre désir de mieux connaître, d’aimer et de servir Dieu. Pourquoi et sur quoi pouvons-nous, de manière personnelle, louer, glorifier, acclamer et remercier Dieu en ces jours ?
En achevant ce temps favorable de Carême et en initiant le temps pascal, demandons la grâce, avec nos nouveaux baptisés de Pâques, de faire de nos vies des Alléluia, c’est-à-dire un chant nouveau, un chant d’exaltation, de magnificence, d’éloge, de gratitude à Dieu, à l’homme son image et à sa création. En d’autres termes, faire de sa vie un Alléluia est, pour le dominicain Paul-Adrien, s’associer à la louange céleste, à l’extase des saints anges en les imitant dans la sainte liturgie ; et de manière circonstancielle, c’est aussi s’approprier les reprises populaires de Jeff Buckley ou de Leonard Cohen afin que règnent plus de vie, de paix, d’amour et de joie.
En vous souhaitant une joyeuse fête de Pâques, demandons à la Vierge de l’Alléluia, Marie de la Résurrection, de nous obtenir la grâce de vivre et proclamer avec toute l’Église : « Alléluia ! Le salut, la gloire, la puissance à notre Dieu » (Ap 19,1).
P. GILBERT ODI, Curé de Lafrançaise
